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Positions des candidats

Sur quoi les candidats à la présidentielle sont d’accord

Sur les 46 affirmations du test, aucune ne met les onze candidats d’accord. Sur 32 d’entre elles, au moins un candidat est à un bout de l’échelle et un autre à l’autre bout.

Par Fadrique Garcia Font. Publié le 19/10/2026.

Pour chaque candidat et chaque affirmation, le test retient une position sur une échelle de un à cinq. Avec 46 affirmations dans le test principal et onze candidats, cela fait 506 positions. Lues affirmation par affirmation plutôt que candidat par candidat, elles dessinent une autre carte : là où la campagne présidentielle a un terrain commun, et là où elle n’en a pas.

La mesure est simple. Pour chaque affirmation, nous prenons la position la plus haute et la plus basse parmi les onze candidats et nous calculons l’écart entre les deux (notre calcul). Un écart de zéro voudrait dire que tous les candidats pensent exactement la même chose. Un écart de quatre veut dire qu’un candidat est « tout à fait d’accord » et un autre « pas du tout d’accord ».

Comment les écarts se répartissent

Écart entre la position la plus haute et la plus basse Affirmations
0 ou 1 (presque d’accord) 0
2 1
3 13
4 (désaccord maximal) 32

Sur 32 des 46 affirmations, au moins un candidat est à chaque bout de l’échelle. C’est plus des deux tiers du test. Aucune affirmation n’a un écart de zéro ou de un, et sur chacune au moins un candidat est d’accord et au moins un autre ne l’est pas. Si l’on ne garde que les positions documentées, la répartition ne change pas, sauf pour l’affirmation ci-dessous.

La seule affirmation avec un écart de deux est « Il faut interdire les lanceurs de balles de défense (LBD) et les grenades lors des manifestations. » Aucun candidat n’est à un bout de l’échelle : Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier sont d’accord, Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel neutres, et les sept autres contre. Mais ces sept positions sont toutes estimées : seuls quatre candidats se sont prononcés.

Là où une large majorité est d’accord

Il n’y a d’accord complet nulle part, mais sur quatre affirmations au moins huit des onze candidats sont du même côté :

  • « La France doit sortir de l’Union européenne. » Dix candidats sont contre, six d’entre eux pas du tout d’accord. Seul Nicolas Dupont-Aignan est pour, et il en fait le premier axe de sa candidature.
  • « La France doit construire de nouveaux réacteurs nucléaires. » Neuf candidats sont tout à fait d’accord ; Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, dont les programmes prévoient de sortir du nucléaire, ne le sont pas du tout. C’est la seule affirmation où les onze candidats sont à un bout de l’échelle.
  • « La France doit augmenter ses dépenses militaires. » Neuf candidats sont pour, huit tout à fait ; Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel sont contre.
  • « Le logement social et l’emploi doivent être attribués en priorité aux Français. » Huit candidats sont contre et deux, Marine Le Pen et Éric Zemmour, tout à fait pour. Mais six des onze positions sont estimées. Parmi les cinq qui ont une source, Marine Le Pen et Éric Zemmour sont pour, Bruno Retailleau, Fabien Roussel et Marine Tondelier contre.

Sur les trois premières, toutes les positions ont une source ; aucune n’est estimée. Sur quatorze autres affirmations, sept candidats sont du même côté. Pour quatre d’entre elles, toutes les positions ont une source : le SMIC à au moins 1 600 euros net (sept contre), l’âge légal à 65 ans (sept contre), la régularisation des travailleurs sans papiers qui ont un emploi (sept contre) et une forte hausse des moyens de l’hôpital public (sept pour). Sur la part de capitalisation dans les retraites, sept candidats sont pour ; parmi les quatre qui sont contre, seule la position de Marine Tondelier a une source.

Là où les candidats se partagent en deux camps

À l’autre bout, sur neuf affirmations, au moins cinq candidats sont de chaque côté. En voici six ; les trois autres portent sur le rétablissement de l’impôt sur la fortune, la suspension du regroupement familial et des règles propres à la Corse :

  • « Il faut revenir à un âge légal de départ à la retraite de 62 ans ou moins. » Six pour (Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel et Marine Tondelier tout à fait, Nicolas Dupont-Aignan et Raphaël Glucksmann), cinq tout à fait contre (Gabriel Attal, David Lisnard, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Éric Zemmour). Neuf candidats sont à un bout de l’échelle ou à l’autre, et toutes les positions ont une source.
  • « Il faut supprimer le droit du sol. » Cinq pour (Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Bruno Retailleau et Éric Zemmour tout à fait, David Lisnard), six contre (Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel et Marine Tondelier pas du tout, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe).
  • « Il faut continuer à développer l’énergie éolienne. » Six pour (Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier tout à fait, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Fabien Roussel), cinq contre (Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Bruno Retailleau et Éric Zemmour pas du tout, David Lisnard).
  • « La loi de 2026 qui autorise l’aide à mourir doit être maintenue. » Cinq pour (Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier tout à fait, Raphaël Glucksmann, Fabien Roussel), six contre (Éric Zemmour pas du tout ; Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et David Lisnard, dont la position est estimée).
  • « La France doit quitter le commandement intégré de l’OTAN. » Cinq tout à fait pour (Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Éric Zemmour), six contre (deux positions estimées, celles de Raphaël Glucksmann et de David Lisnard).
  • « Il faut réduire la durée d’indemnisation du chômage pour inciter au retour à l’emploi. » Cinq pour (Édouard Philippe et Bruno Retailleau tout à fait, Gabriel Attal, David Lisnard, Éric Zemmour), cinq contre (Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel et Marine Tondelier pas du tout, Marine Le Pen), et Nicolas Dupont-Aignan neutre (estimé).

Des lignes qui ne suivent pas toujours les mêmes camps

Certains groupes de candidats se retrouvent souvent du même côté : Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann sont tous les quatre du même côté sur 29 des 46 affirmations, et Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Éric Zemmour sur 28. Mais les lignes se déplacent d’un sujet à l’autre :

  • Sur deux affirmations où toutes les positions ont une source, ces quatre candidats sont d’un côté et les sept autres de l’autre : le SMIC à au moins 1 600 euros et la régularisation des travailleurs sans papiers qui ont un emploi.
  • Sur l’hôpital public, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Éric Zemmour sont avec eux pour en augmenter fortement les moyens ; Gabriel Attal, David Lisnard, Édouard Philippe et Bruno Retailleau sont contre.
  • Sur le retour à 62 ans, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan rejoignent les quatre mêmes candidats, alors qu’Éric Zemmour est tout à fait contre.
  • Sur le commandement intégré de l’OTAN, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Éric Zemmour sont du même côté que Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel.
  • Sur le nucléaire, Fabien Roussel et Raphaël Glucksmann sont avec les sept autres candidats, et en face de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Tondelier.
  • Sur le référendum d’initiative citoyenne, sept candidats sont pour, de Marine Le Pen et David Lisnard à Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier ; Gabriel Attal et Édouard Philippe (position estimée) sont contre, Bruno Retailleau et Éric Zemmour neutres.

Par thème

Thème Affirmations Avec un écart de 4 Au moins 8 candidats du même côté
Économie, impôts et dette 4 4 0
Retraites 4 3 0
Travail et pouvoir d’achat 5 2 0
Santé 2 1 0
Immigration 6 6 1
Sécurité et justice 4 2 0
Éducation et jeunesse 3 1 0
Énergie, climat et agriculture 4 3 1
Europe 3 2 1
International et défense 5 3 1
Institutions et démocratie 3 2 0
Société, laïcité et territoires 3 3 0

Les thèmes où les candidats s’opposent le plus sont l’immigration, avec un écart de quatre sur les six affirmations, l’économie, les impôts et la dette (quatre sur quatre) et la société, la laïcité et les territoires (trois sur trois). C’est aussi en immigration que les positions estimées sont les plus nombreuses (14 sur 66), parce que plusieurs candidats ne se sont pas prononcés sur la priorité nationale, le référendum sur l’immigration ou l’AME. Les grandes majorités, elles, portent surtout sur l’Europe, la défense et l’énergie.

Qui est proche de qui

Les mêmes données montrent aussi quels candidats sont les plus proches et lesquels sont les plus éloignés. Le tableau donne les quatre paires les plus proches et les quatre plus éloignées parmi les 55 paires de candidats (par écart moyen sur les 46 affirmations) :

Candidats Même position Écart de 3 points ou plus Écart moyen
David Lisnard et Bruno Retailleau 27 1 0,50
Gabriel Attal et Édouard Philippe 29 3 0,54
Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen 30 3 0,54
Marine Le Pen et Éric Zemmour 26 2 0,65
Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe 2 28 2,57
Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour 4 29 2,57
Jean-Luc Mélenchon et Bruno Retailleau 3 29 2,70
Marine Tondelier et Éric Zemmour 2 29 2,76

Les plus proches sont David Lisnard et Bruno Retailleau, tous deux issus des Républicains : ils ne s’écartent de trois points ou plus que sur une affirmation, l’installation des médecins. Gabriel Attal et Édouard Philippe, les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron, partagent 29 positions, et Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen 30, le plus grand nombre. La paire la plus proche parmi Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann est celle de Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel (23 positions identiques, écart moyen de 0,70). Les plus éloignés sont Marine Tondelier et Éric Zemmour, et Jean-Luc Mélenchon et Bruno Retailleau : au moins trois points d’écart sur 29 des 46 affirmations.

Ce que cela change pour le test

Une affirmation sur laquelle tous les candidats sont d’accord n’aide pas à les distinguer : y répondre donne le même score avec tous. Ce qui sépare les candidats, ce sont les 32 affirmations avec un écart de quatre. C’est pour cela qu’elles sont dans le test, et qu’il vaut la peine d’y répondre même quand il est difficile de trancher.

Cela explique aussi une impression fréquente à la fin du test : si votre résultat donne à plusieurs candidats des pourcentages proches, vous êtes sans doute d’accord avec eux sur les quelques sujets qu’ils partagent et au milieu sur ceux qui les divisent. Quand deux candidats sont presque à égalité, le test vous propose jusqu’à huit questions de départage : celles qui séparent le mieux les candidats concernés.

Une remarque sur les données

Les 46 affirmations ont chacune onze positions, une par candidat. Elles ne sont pas toutes aussi solides : 70 des 506 positions ne reposent pas sur un document précis et sont signalées comme estimées ; David Lisnard (12), Édouard Philippe (10) et Raphaël Glucksmann (9) en ont le plus, Marine Tondelier (1) et Bruno Retailleau (3) le moins. Elles comptent dans les écarts comme les autres, mais dans les majorités ci-dessus nous indiquons quand une position est estimée. La page de chaque candidat montre lesquelles de ses positions sont documentées et lesquelles sont estimées. Les 17 affirmations de départage, que le test ne pose que lorsque le résultat est serré, ne sont pas comptées ici.

Qui sont les candidats et où ils se situent sur la boussole politique est décrit dans « Les candidats à la présidentielle 2027 en bref ». Toutes les positions côte à côte sont dans le comparatif des candidats, et vous pouvez les comparer avec vos propres opinions en faisant le test.

Sources

  • Positions des candidats — 506 positions sur 46 affirmations, chacune avec sa source ou la raison de l’estimation, sur la page de chaque candidat
  • Comparatif des candidats — Les positions des onze candidats sur chaque affirmation, dans un seul tableau
  • Méthodologie du test — Comment chaque position est placée sur l’échelle de 1 à 5 et ce qu’est une position estimée

Cette analyse est purement informative et ne constitue pas une consigne de vote. Notre méthode.

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Des données à vos propres opinions

Cette analyse décrit la vue d’ensemble. Si vous voulez savoir ce que ces mêmes questions disent de vos opinions, le test ne prend que quelques minutes.

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