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Fonctionnement du test

Pourquoi notre baromètre n’est pas un sondage

Nous publions des moyennes et des effectifs tirés des réponses au test. Ce n’est pas un sondage pour autant, et la différence compte, y compris au regard de la loi.

Par Fadrique Garcia Font. Publié le 19/10/2026.

Le baromètre de ce site montre, à partir des réponses des personnes qui font le test, combien ont répondu, leur position moyenne sur la boussole politique dans chaque région, quel candidat ressort le plus souvent comme le plus proche de leurs réponses et sur quels thèmes ces réponses divisent le plus. Quand il y aura des milliers de tests, il sera tentant de le lire comme un sondage. Ce n’en est pas un, et il vaut la peine d’expliquer précisément pourquoi.

Ce que montre le baromètre

Le baromètre comporte quatre parties, et ses données sont mises à jour chaque jour :

  • Participation : le nombre de tests terminés, dont ceux des 30 derniers jours, et le nombre de régions qui ont déjà des données publiables.
  • Territoire : la position moyenne sur la boussole (axe économique de −100 à gauche à +100 à droite ; axe social de −100 progressiste à +100 conservateur) dans chacune des 13 régions de France métropolitaine et des 5 départements et régions d’outre-mer, d’après la localisation approximative de la connexion. La boussole ne tient pas compte des questions sur l’Europe, l’international et la défense, et les institutions.
  • Candidat le plus proche : la part des tests terminés dans lesquels chaque candidat est ressorti comme le plus proche des réponses du participant.
  • Polarisation : pour chaque thème, un indice de 0 (tout le monde répond la même chose) à 100 (les réponses se partagent au maximum entre les deux extrêmes de l’échelle). Il est calculé à partir de toutes les réponses aux questions actuelles du test, y compris celles des tests non terminés.

Chaque graphique est accompagné du même avertissement : « Ce baromètre n’est pas un sondage au sens de la loi n° 77-808 du 19 juillet 1977. Il agrège les résultats anonymes des personnes qui ont choisi de faire le test : il n’est pas représentatif et ne présente pas les garanties de méthode et de représentativité exigées d’un sondage électoral. » Les lectures du baromètre que nous publions dans nos analyses suivent les mêmes règles.

La différence tient à la façon de choisir les répondants

Un sondage sérieux part d’un plan d’échantillonnage. L’institut décide combien de personnes interroger, et avec quelle répartition par sexe, âge, profession, région ou taille de commune, pour que le résultat puisse être généralisé. Il contacte ces personnes et, si la répartition finale ne correspond pas à celle de la population, il redresse les réponses. C’est ce travail qui permet d’annoncer qu’une proportion donnée des Français pense telle chose, avec une marge d’erreur.

La loi française consacre cette différence. Selon l’article 1er de la loi n° 77-808, un sondage est, « quelle que soit sa dénomination », une enquête statistique visant à donner une indication quantitative des opinions, souhaits, attitudes ou comportements d’une population « par l’interrogation d’un échantillon », et les personnes interrogées sont choisies par l’organisme qui le réalise « de manière à obtenir un échantillon représentatif de la population concernée ». Depuis 2016, la loi s’applique à tout sondage portant sur des sujets liés, directement ou indirectement, au débat électoral, à tout moment et pas seulement pendant la campagne.

Rien de tout cela n’existe dans le baromètre. Les personnes qui figurent dans ces données sont venues d’elles-mêmes : elles ont cherché un test politique, cliqué sur un lien sur un réseau social ou l’ont reçu de quelqu’un. Personne n’a été choisi. Il n’y a ni quotas ni redressement, et il n’y a pas de marge d’erreur à calculer, car une marge d’erreur suppose un tirage qui n’a pas eu lieu.

On peut s’attendre à ce que ce groupe ne ressemble pas au corps électoral : il sera sans doute plus jeune, plus connecté et plus intéressé par la politique que la moyenne. Le test est aussi ouvert à tous, y compris à des personnes qui ne votent pas à l’élection présidentielle : seuls les Français inscrits sur une liste électorale y votent. C’est un biais de sélection, et le nombre de réponses ne le corrige pas. Un million de réponses volontaires restent un million de réponses volontaires.

Ce que dit la loi, et comment nous l’appliquons

La loi n° 77-808 impose aux sondages des obligations précises : leur première publication doit être accompagnée de mentions obligatoires, notamment le nom de l’organisme qui l’a réalisé et de celui qui l’a commandé, le nombre de personnes interrogées, les dates de l’enquête, le texte des questions et les marges d’erreur (article 2). La Commission des sondages veille à leur respect.

Le baromètre ne remplit pas la définition de l’article 1er, et la Commission le dit de ce type d’enquête à chaque élection présidentielle : en 2017, elle écrivait que « les personnes qui répondent librement aux questions posées ne constituent pas des échantillons représentatifs et les résultats de ces enquêtes ne constituent pas des sondages au sens de la loi ». Mais cela entraîne une autre obligation. L’article 12 punit d’une amende de 75 000 euros le fait d’utiliser le mot « sondage » pour des enquêtes liées au débat électoral qui ne répondent pas à la définition de l’article 1er. En 2022, la Commission a précisé qu’il ne suffit pas d’expliquer d’où viennent les répondants : le terme « sondage » ne doit pas figurer, et les données ne doivent pas être présentées comme le seraient les estimations d’un sondage.

D’où nos règles, à notre lecture de la loi et de la doctrine de la Commission :

  • nous ne qualifions jamais le baromètre de sondage, ni ses chiffres d’estimations du résultat de l’élection ;
  • chaque graphique porte l’avertissement cité plus haut, qui reprend celui que la Commission a fait publier pour des enquêtes non représentatives ;
  • le baromètre ne publie aucune donnée sur le candidat pour lequel les participants disent qu’ils voteraient, et ne le compare à aucun sondage ;
  • la part de tests où chaque candidat ressort comme le plus proche est toujours accompagnée du rappel qu’elle ne dit rien de la façon dont les gens voteront.

Alors, à quoi sert-il ?

À décrire ce groupe, ce qui n’est pas rien. Si la plupart des participants sont d’accord avec une affirmation, ou si un thème partage nettement leurs réponses, cela dit quelque chose de réel sur les personnes qui font le test. Ce qu’il ne permet pas, c’est de passer à « les Français pensent que ».

Il sert aussi à comparer, avec prudence. Les écarts entre régions au sein du même groupe autosélectionné sont instructifs, même si leur niveau absolu ne peut pas être généralisé et si le biais n’est pas forcément le même partout.

La répartition du candidat le plus proche n’est pas non plus un vote. Elle dit de quel candidat les réponses au test étaient les plus proches, pas pour qui ces personnes voteront. Chacun peut voter pour un candidat dont ses réponses ne sont pas les plus proches, et c’est son droit.

Comment nous protégeons les participants

Le test ne demande ni nom ni adresse électronique, et il ne nécessite aucune inscription. Chaque résultat est enregistré avec un identifiant aléatoire. Il vous propose, de façon facultative, d’indiquer votre tranche d’âge, votre sexe et le candidat pour lequel vous voteriez : aucune de ces informations n’apparaît dans le lien de partage de votre résultat, et le vote que vous déclarez n’est jamais publié, même agrégé avec les réponses d’autres personnes ; il sert seulement à vous montrer, à vous, où vous concordez avec ce choix. Votre région ne vous est pas demandée : elle est estimée approximativement à partir de votre connexion, à l’aide d’une base de géolocalisation installée sur notre propre serveur.

Les agrégats sont soumis à un seuil minimal : aucune case n’est publiée si elle compte moins de 100 tests. C’est pourquoi, tant qu’il y aura peu de tests, le baromètre sera presque vide, et une région qui n’atteint pas ce minimum n’apparaîtra pas dans le tableau. Ce n’est pas que les données manquent : avec peu de cas, un agrégat commence à en dire trop sur des personnes précises.

Nous ne publions jamais de données individuelles et ne croisons pas les agrégats d’une façon qui permettrait de reconstituer le profil de quelqu’un. Le détail figure dans la politique de confidentialité.

Et le week-end du vote ?

L’article 11 de la loi n° 77-808 interdit, la veille et le jour de chaque scrutin, de publier, de diffuser ou de commenter « par quelque moyen que ce soit » tout sondage électoral. Pour l’élection présidentielle, l’interdiction s’applique sur l’ensemble du territoire national à partir du samedi précédant le scrutin à 0 h et prend fin à la fermeture du dernier bureau de vote de métropole, le dimanche à 20 h. Le vote du samedi dans les collectivités d’Amérique, en Polynésie française et dans les postes consulaires du continent américain n’avance pas cette interdiction. Au même moment commence l’interdiction de toute propagande électorale, y compris en ligne (Code électoral, article L49).

Le baromètre n’est pas un sondage, mais certains de ses chiffres pourraient être lus comme tels. C’est pourquoi le baromètre entier est éteint pendant le week-end de chaque tour, et même un peu plus longtemps que ne l’exige la loi : du samedi 17 avril 2027 à 0 h au dimanche 18 avril à minuit, puis du samedi 1er mai à 0 h au dimanche 2 mai à minuit, heure de Paris. Les autres endroits où nous publions des données agrégées des réponses (la page d’accueil et les analyses qui les utilisent) sont éteints aux mêmes heures, et nous n’en publions ni n’en commentons les chiffres ailleurs, réseaux sociaux compris. Rien n’est effacé : les données reviennent après le scrutin.

Le test, lui, reste ouvert. Votre résultat individuel n’est ni un sondage ni une estimation : il vous montre seulement à quelle distance vous êtes de chaque candidat.

Comment le citer

Si vous utilisez ces données, la façon correcte de les présenter est de parler d’agrégats d’un échantillon autosélectionné d’utilisateurs d’un test d’affinité politique, en indiquant la période, le nombre de tests et l’avertissement selon lequel l’échantillon n’est pas représentatif. La note méthodologique du baromètre contient tous ces éléments.

Nous vous demandons de ne pas les présenter comme un sondage ni comme une estimation du résultat de l’élection, parce qu’elles ne sont ni l’un ni l’autre ; l’article 12 de la loi sanctionne d’ailleurs l’emploi du mot « sondage » pour ce type d’enquête. Et pendant le week-end de chaque tour, merci de ne pas les publier du tout.

Sources

Cette analyse est purement informative et ne constitue pas une consigne de vote. Notre méthode.

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