Positions des candidats
Qui est à gauche, qui est à droite sur la boussole politique
Jean-Luc Mélenchon le plus à gauche, Édouard Philippe le plus à droite, Marine Tondelier et Éric Zemmour aux deux bouts de l’axe social : affirmation par affirmation, ce qui place chacun des onze candidats.
Par Fadrique Garcia Font. Publié le 19/10/2026.
La boussole politique a deux axes. L’axe économique mesure le rôle que l’État doit jouer dans l’économie : impôts, dépense publique, retraites, salaires, santé. L’axe social mesure les valeurs et l’ordre public : immigration, sécurité et justice, école, énergie et climat, laïcité. La carte des candidats est sur la page boussole politique. Nous regardons ici quelles positions placent chacun là où il est.
Comment la position est calculée
Les positions de chaque candidat sur les affirmations du test passent par la même formule que celle qui vous place, comme si le candidat avait lui-même répondu au test. Chaque réponse devient un nombre de −100 (gauche ou progressiste) à +100 (droite ou conservateur), et la position sur chaque axe est la moyenne de ces nombres.
L’axe économique regroupe les thèmes « Économie, impôts et dette », « Retraites », « Travail et pouvoir d’achat » et « Santé » (15 affirmations). L’axe social regroupe « Immigration », « Sécurité et justice », « Éducation et jeunesse », « Énergie, climat et agriculture » et « Société, laïcité et territoires » (20 affirmations). « Europe », « International et défense » et « Institutions et démocratie » (11 affirmations) ne comptent pas pour la boussole.
Le sens de chaque affirmation est fixé par des candidats de référence. Sur l’axe économique, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel sont à gauche, David Lisnard et Édouard Philippe à droite. Sur l’axe social, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann sont du côté progressiste, Éric Zemmour et Bruno Retailleau du côté conservateur. Si les deux groupes répondent presque de la même façon (leurs moyennes diffèrent de moins d’un demi-point), le sens n’est pas clair et l’affirmation ne compte pas pour la boussole. Dans le test français, ce n’est le cas d’aucune des 35 affirmations : l’écart le plus faible entre les deux groupes est d’un point.
Deux mises en garde. D’abord, comme les candidats de référence fixent le sens, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel sont en partie à gauche par définition, et Éric Zemmour et Bruno Retailleau en partie conservateurs par définition. La boussole ne dit pas qui est « vraiment » de gauche ; elle montre jusqu’où va chaque candidat, et sur quels sujets. Ensuite, la boussole du site utilise toutes les positions d’un candidat, y compris celles qui sont estimées faute de document explicite. Sur les 35 affirmations des deux axes, cela représente une position pour Marine Tondelier, trois pour Marine Le Pen et Bruno Retailleau, et huit pour Nicolas Dupont-Aignan, Raphaël Glucksmann et David Lisnard. Plus il y en a, moins la place sur la carte est sûre. Ci-dessous, nous ne citons que des positions qui ont une source.
Les onze candidats sur la boussole
| Candidat | Économie | Société |
|---|---|---|
| Jean-Luc Mélenchon | −86,7 | −72,5 |
| Fabien Roussel | −80,0 | −35,0 |
| Marine Tondelier | −66,7 | −80,0 |
| Raphaël Glucksmann | −53,3 | −45,0 |
| Marine Le Pen | −20,0 | +72,5 |
| Nicolas Dupont-Aignan | −16,7 | +70,0 |
| Éric Zemmour | +43,3 | +80,0 |
| Bruno Retailleau | +60,0 | +57,5 |
| Gabriel Attal | +63,3 | −2,5 |
| David Lisnard | +70,0 | +45,0 |
| Édouard Philippe | +76,7 | +17,5 |
Un signe moins signifie gauche ou progressiste ; un signe plus, droite ou conservateur. C’est notre calcul à partir des positions des candidats au 19 octobre 2026, le même que celui de la page de la boussole.
Le sens de quelques affirmations
Comme le sens vient des candidats de référence, quelques affirmations comptent d’une façon qui peut surprendre. Il faut les avoir en tête pour lire la carte :
- « La France doit construire de nouveaux réacteurs nucléaires. » Côté progressiste, Marine Tondelier est tout à fait contre et Raphaël Glucksmann tout à fait pour ; côté conservateur, les deux sont tout à fait pour. Être pour compte donc comme conservateur. Fabien Roussel et Raphaël Glucksmann, favorables au nucléaire, sont tirés de ce côté sur cette affirmation.
- « Les réseaux sociaux doivent être interdits aux moins de 15 ans. » Les candidats progressistes de référence y sont un peu plus favorables que les conservateurs : être pour compte comme progressiste. Gabriel Attal, qui a porté cette interdiction, gagne ici un point progressiste ; Jean-Luc Mélenchon, qui est contre, un point conservateur.
- « Il faut supprimer Parcoursup. » Être pour compte comme progressiste ; David Lisnard, qui est d’accord, est tiré de ce côté.
- « Il faut baisser la TVA sur l’électricité, le gaz et les carburants. » Mélenchon et Roussel sont pour, Lisnard est neutre et Philippe contre : être pour compte comme de gauche, ce qui tire Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan vers la gauche.
Candidat par candidat
Jean-Luc Mélenchon : le plus à gauche sur l’économie. Sur les 15 affirmations économiques, il est du côté gauche sur toutes, et au bout de l’échelle sur 11 : tout à fait d’accord avec la taxe Zucman, le rétablissement de l’impôt sur la fortune, le retour à un âge légal de 62 ans ou moins, l’indexation de toutes les pensions, un SMIC d’au moins 1 600 euros net, l’encadrement des loyers dans toutes les grandes villes et une forte hausse des moyens de l’hôpital ; tout à fait contre la baisse des dépenses d’abord, la réduction du nombre de fonctionnaires, la retraite à 65 ans et la réduction de l’indemnisation du chômage. Sur l’axe social (−72,5), il est progressiste sur 18 des 20 affirmations, notamment sur le droit du sol, la régularisation des travailleurs sans papiers, l’AME, le cannabis, l’aide à mourir et la sortie du nucléaire. Deux affirmations le tirent de l’autre côté : il est contre l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et pour la suppression des zones à faibles émissions.
Fabien Roussel : à gauche sur l’économie, moins progressiste à cause du nucléaire et de la Corse. Sur l’économie (−80,0), il est du côté gauche sur les 15 affirmations, au bout de l’échelle sur neuf. Sur l’axe social (−35,0), il est progressiste sur 15 affirmations et neutre sur deux (cannabis, armes de maintien de l’ordre). Trois positions le tirent vers le pôle conservateur : il est tout à fait d’accord pour construire de nouveaux réacteurs, d’accord pour supprimer les zones à faibles émissions et tout à fait contre des règles propres à la Corse, que le texte de son parti juge contraires à « la conception même de la nation et de la République ». Quatre de ses positions sociales sont estimées.
Marine Tondelier : la plus progressiste. Elle est du côté progressiste sur les 20 affirmations de l’axe social, et au bout de l’échelle sur 12, notamment : contre un référendum sur l’immigration, contre la suppression du droit du sol, pour la régularisation des travailleurs sans papiers, pour le maintien de l’AME, pour la légalisation du cannabis, contre le nucléaire, pour l’éolien et pour l’aide à mourir. Sur l’économie (−66,7), elle est à gauche sur 13 affirmations. Deux la placent du côté droit : le programme de son parti ne baisse pas la TVA sur le gaz ni sur les carburants, et il veut « sous-indexer les plus hautes retraites » au lieu d’indexer toutes les pensions. Une seule de ses 35 positions sur les axes est estimée.
Raphaël Glucksmann : à gauche, avec le nucléaire. Sur l’économie (−53,3), il est à gauche sur 13 affirmations et neutre sur deux (TVA sur l’énergie, obligation d’installation des médecins) ; trois de ces positions sont estimées. Il est moins à gauche que Mélenchon ou Roussel surtout parce qu’il est rarement au bout de l’échelle : il ne l’est que sur trois affirmations (contre la retraite à 65 ans, pour le SMIC à 1 600 euros, contre la réduction de l’indemnisation du chômage). Sur l’axe social (−45,0), il est progressiste sur 16 affirmations, neutre sur trois et conservateur sur une : le nucléaire, dont le projet de son parti veut « conforter le rôle ». Cinq de ses positions sociales sont estimées.
Marine Le Pen : conservatrice, un peu à gauche sur l’économie. Sur l’axe social (+72,5), elle est du côté conservateur sur 19 des 20 affirmations, et au bout de l’échelle sur dix : référendum sur l’immigration, suppression du droit du sol, priorité nationale, fin de l’AME, refus des régularisations, présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, uniforme à l’école, nucléaire, arrêt de l’éolien et suppression des zones à faibles émissions. Sur l’économie (−20,0), elle est à gauche sur huit affirmations : retour à 62 ans, refus des 65 ans, baisse de la TVA sur l’énergie, impôt sur la fortune (financière), indexation des pensions, 35 heures, hôpital et refus de réduire l’indemnisation du chômage. Elle est à droite sur cinq : contre la taxe Zucman, pour baisser d’abord les dépenses, pour une part de capitalisation, contre le SMIC à 1 600 euros et contre l’obligation d’installation des médecins.
Nicolas Dupont-Aignan : tout près de Marine Le Pen. Il a la même position qu’elle sur 30 des 46 affirmations du test. Sur l’axe social (+70,0), il est conservateur sur 17 affirmations et neutre sur trois, toutes trois estimées. Sur l’économie (−16,7), il est à gauche sur sept (impôt sur la fortune, retour à 62 ans, refus des 65 ans, indexation des pensions, 35 heures, TVA sur l’énergie, hôpital), à droite sur quatre (capitalisation par un fonds pour chaque naissance, pas de hausse du SMIC par la loi, refus d’obliger les médecins à s’installer, et l’encadrement des loyers, position estimée) et neutre sur quatre. Ce qui le sépare le plus de Marine Le Pen est hors de la boussole : la sortie de l’Union européenne, le service national et la proportionnelle.
Éric Zemmour : le plus conservateur. Sur l’axe social (+80,0), il est conservateur sur 19 des 20 affirmations, au bout de l’échelle sur 13 : en plus des positions qu’il partage avec Marine Le Pen, il est tout à fait d’accord pour suspendre le regroupement familial, pour des peines minimales obligatoires et pour interdire le voile aux mineures dans l’espace public, et tout à fait contre la loi sur l’aide à mourir. Sur l’économie (+43,3), il est le moins à droite des cinq candidats placés à droite sur cet axe : à droite sur 11 affirmations, mais à gauche sur deux (baisse de la TVA sur l’énergie, hausse des moyens de l’hôpital) et neutre sur deux, estimées. Avec Marine Le Pen, il diffère surtout sur l’âge de la retraite : il défend « 64 voire 65 ans ».
Bruno Retailleau : à droite et conservateur. Sur l’économie (+60,0), il est à droite sur 13 affirmations. Une le tire vers la gauche : l’installation des médecins dans les zones qui en manquent, où sa position (d’accord) vient du vote de son groupe pour la loi Garot de 2025, lui ne s’étant pas prononcé ; il est neutre sur l’indexation des pensions. Sur l’axe social (+57,5), il est conservateur sur 16 affirmations, au bout de l’échelle sur neuf (référendum sur l’immigration, suppression du droit du sol, refus des régularisations, fin de l’AME, peines minimales obligatoires, nucléaire, arrêt de l’éolien, suppression des zones à faibles émissions, refus d’interdire le glyphosate). Il est du côté progressiste sur deux : contre la priorité nationale et pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
David Lisnard : tout près de Bruno Retailleau. Les deux ont la même position sur 27 des 46 affirmations et ne s’écartent de plus de deux points que sur une : l’installation des médecins, que Lisnard veut libre. Sur l’économie (+70,0), il est à droite sur 14 affirmations et neutre sur la TVA de l’énergie ; il est au bout de l’échelle sur sept, dont la baisse des dépenses d’abord, le refus de l’impôt sur la fortune et la capitalisation. Sur l’axe social (+45,0), il est conservateur sur 15 affirmations, mais sept de ses 20 positions sociales sont estimées, plus que pour tout autre candidat sur un axe : sa place sur cet axe est la moins sûre de la carte.
Édouard Philippe : le plus à droite sur l’économie, plus près du centre sur l’axe social. Sur l’économie (+76,7), il est à droite sur 14 affirmations et au bout de l’échelle sur neuf : contre la taxe Zucman et l’impôt sur la fortune, pour baisser d’abord les dépenses et réduire le nombre de fonctionnaires, contre le retour à 62 ans, pour la retraite à 65 ans et la capitalisation, contre le maintien des 35 heures et pour réduire l’indemnisation du chômage. Sur l’axe social (+17,5), il est conservateur sur dix affirmations (suspension du regroupement familial, nucléaire, refus des régularisations, présomption de légitime défense, peines minimales), progressiste sur cinq (contre la suppression du droit du sol, pour l’éolien, pour des règles propres à la Corse, pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans) et neutre sur cinq ; cinq de ces positions sont estimées.
Gabriel Attal : à droite sur l’économie, au centre de l’axe social. Sur l’économie (+63,3), il est à droite sur 14 affirmations ; une seule le tire vers la gauche, parce qu’il est contre la retraite à 65 ans : il veut supprimer l’âge légal. Sur l’axe social, son −2,5 ne veut pas dire qu’il n’a pas d’avis. Il est progressiste sur huit affirmations (pour la loi sur l’aide à mourir et l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, contre la suppression du droit du sol et la suspension du regroupement familial, pour l’éolien) et conservateur sur huit (nucléaire, refus des régularisations, présomption de légitime défense, interdiction du voile aux mineures, refus de légaliser le cannabis) : les deux s’annulent. Avec Édouard Philippe, avec qui il partage 29 positions, il diffère surtout sur l’âge de la retraite, le regroupement familial et l’aide à mourir.
Ce que la boussole ne montre pas
Les 11 affirmations sur l’Europe, l’international et la défense, et les institutions ne comptent pas pour la boussole, alors que les candidats s’y opposent souvent. Quelques exemples :
- « La France doit sortir de l’Union européenne. » Seul Nicolas Dupont-Aignan est pour ; les dix autres sont contre.
- « La France doit quitter le commandement intégré de l’OTAN. » Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel et Éric Zemmour sont tout à fait pour ; les six autres sont contre (les positions de Raphaël Glucksmann et de David Lisnard sont estimées).
- « La France doit continuer à aider militairement l’Ukraine. » Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Marine Tondelier sont tout à fait pour, David Lisnard et Bruno Retailleau pour ; Marine Le Pen et Fabien Roussel sont neutres ; Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour sont contre, Nicolas Dupont-Aignan tout à fait contre.
- « Le droit français doit primer sur le droit européen. » Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et Éric Zemmour sont tout à fait pour, David Lisnard, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel pour ; Bruno Retailleau est neutre ; Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Marine Tondelier sont contre.
Si ces affirmations comptaient, la carte serait différente. Sur ces seules 11 affirmations, l’affinité entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon est de 73 %, contre 41 % sur les 35 de la boussole ; entre Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, elle est de 84 %. À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, proches sur la boussole (78 %), ne sont qu’à 52 % sur l’Europe, la défense et les institutions (notre calcul). C’est pourquoi la boussole est une simplification. Votre résultat au test tient compte de toutes les affirmations, et toutes les positions de chaque candidat sont sur sa page. Vous pouvez comparer deux candidats côte à côte, par exemple sur la page Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann ou Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ou dans le tableau de tous les candidats.
Comment la lire
La boussole montre où tombent les candidats d’après nos affirmations. Ce n’est ni la façon dont ils se décrivent, ni la place que leur donnent les politologues, et avec d’autres questions la carte serait un peu différente. Chaque place sur la carte repose sur des positions que vous pouvez vérifier à leur source, sur la page de chaque candidat. Qui sont les candidats et ce qu’ils proposent est résumé dans « Les candidats à la présidentielle 2027 en bref ».
Pour savoir où vous vous situez, faites le test : le résultat vous place sur la même carte, avec le même calcul.
Sources
- Boussole politique — La carte des candidats et la position de chacun
- Positions des candidats — Chaque position avec sa source, sur la page de chaque candidat ; les positions estimées y sont signalées comme telles
- Méthodologie du test — Comment la boussole est calculée : axes, thèmes et candidats de référence
- Comparatif des candidats — Les positions de tous les candidats sur toutes les affirmations, dans un seul tableau
Cette analyse est purement informative et ne constitue pas une consigne de vote. Notre méthode.
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