Fonctionnement du test
Comment est calculée votre affinité avec les candidats
Le test ne compte pas le nombre de fois où vous êtes d’accord avec un candidat. Il mesure l’écart qui vous sépare de lui, la fermeté de vos réponses et l’importance que vous accordez à chaque thème. Voici le calcul complet, chiffres à l’appui.
Par Fadrique Garcia Font. Publié le 19/10/2026.
Ce test appartient à une famille d’outils qu’on appelle les tests d’affinité politique, ou outils d’aide au vote. Le principe est toujours le même : relever les positions des candidats sur une série de sujets, vous demander votre avis sur ces mêmes sujets et mesurer la distance qui vous sépare de chacun.
Il faut être clair sur ce qu’il n’est pas. Un sondage interroge un échantillon représentatif pour savoir ce que pense ou ce que votera l’ensemble de la population. Ce test n’extrapole rien : il vous dit seulement, à vous, à quelle distance vous êtes de chaque candidat. Le résultat n’est ni une prévision ni une consigne de vote.
Pourquoi il ne suffit pas de compter les accords
La méthode la plus simple consisterait à compter les questions sur lesquelles vous êtes d’accord avec chaque candidat. Mais elle traite de la même façon deux situations très différentes : un point d’écart (vous êtes « tout à fait d’accord », le candidat « plutôt d’accord ») et quatre points d’écart (vous à un bout de l’échelle, lui à l’autre).
Le test apporte donc trois corrections. La première pénalise davantage les grands écarts. La deuxième donne plus de poids à vos opinions tranchées qu’à vos opinions modérées. La troisième, dans le test complet seulement, tient compte de l’importance que vous accordez à chaque thème.
Le calcul, question par question
Pour chaque affirmation à laquelle vous répondez :
Étape 1. L’écart. On soustrait la position du candidat (de 1 à 5) de votre réponse (de 1 à 5) et on prend la valeur absolue. Le résultat va de 0 à 4.
Étape 2. Le score de base. Il vaut (4 − écart)². Le carré fait que chaque point d’écart supplémentaire coûte plus cher que le précédent :
| Écart | Score de base | Part du maximum |
|---|---|---|
| 0 | 16 | 100 % |
| 1 | 9 | 56,3 % |
| 2 | 4 | 25 % |
| 3 | 1 | 6,3 % |
| 4 | 0 | 0 % |
Notez le saut : un seul point d’écart coûte déjà près de la moitié du score.
Étape 3. Le facteur de conviction. Il vaut 0,5 + (distance au centre × 0,25). Si vous répondez à l’une des extrémités de l’échelle (« tout à fait d’accord » ou « pas du tout d’accord »), il vaut 1 ; si vous répondez « plutôt d’accord » ou « plutôt pas d’accord », 0,75 ; si vous restez au milieu (« neutre »), 0,5. Une réponse neutre pèse donc la moitié d’une réponse tranchée, et une réponse « plutôt » les trois quarts.
Étape 4. Le poids. On multiplie le coefficient de confiance de la position du candidat (aujourd’hui 3 pour toutes les positions, y compris les estimées) par l’importance que vous donnez au thème (de 1 à 5 dans le test complet, toujours 3 dans le test rapide) et par le facteur de conviction.
Étape 5. Le pourcentage. Pour chaque candidat, on additionne les points de toutes les questions (score de base × poids) et on divise par le maximum qu’il aurait été possible d’obtenir. Ce rapport, multiplié par cent et arrondi à une décimale, est votre affinité.
Un exemple réel
Prenons l’affirmation « Il faut créer un impôt minimum de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros. » C’est la « taxe Zucman » : l’Assemblée nationale l’a adoptée en première lecture en février 2025, puis l’a rejetée lors du débat sur le budget 2026. Supposons que vous répondiez 4, plutôt d’accord, et que vous lui donniez une importance de 4 (« assez grande »).
Votre facteur de conviction est de 0,75, car vous êtes à un cran du centre. Le poids est de 9 pour tous les candidats (confiance 3 × importance 4 × conviction 0,75), et le maximum sur cette question est de 16 × 9 = 144 points.
| Candidat | Sa position | Écart | Points | Affinité sur cette question |
|---|---|---|---|---|
| Fabien Roussel | 4 | 0 | 144 | 100 % |
| Raphaël Glucksmann | 4 | 0 | 144 | 100 % |
| Jean-Luc Mélenchon | 5 | 1 | 81 | 56,3 % |
| Marine Tondelier | 5 | 1 | 81 | 56,3 % |
| Nicolas Dupont-Aignan | 3 | 1 | 81 | 56,3 % |
| Gabriel Attal | 2 | 2 | 36 | 25 % |
| Marine Le Pen | 2 | 2 | 36 | 25 % |
| David Lisnard | 2 | 2 | 36 | 25 % |
| Bruno Retailleau | 2 | 2 | 36 | 25 % |
| Éric Zemmour | 2 | 2 | 36 | 25 % |
| Édouard Philippe | 1 | 3 | 9 | 6,3 % |
Si vous aviez répondu 5, tout à fait d’accord, le facteur de conviction serait de 1, le poids de 12 et le maximum de 192. L’ordre changerait : Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier 100 % ; Fabien Roussel et Raphaël Glucksmann 56,3 % ; Nicolas Dupont-Aignan 25 % ; Gabriel Attal, Marine Le Pen, David Lisnard, Bruno Retailleau et Éric Zemmour 6,3 % ; Édouard Philippe 0 %. La même opinion, exprimée plus fermement, sépare davantage les candidats et pèse plus dans votre résultat.
Les onze positions de cet exemple sont documentées, et leurs sources figurent à la fin de cette analyse. Certaines viennent du candidat lui-même (son programme, ses déclarations, son vote de député) ; d’autres, comme le prévoit la méthodologie tant que les programmes pour 2027 ne sont pas tous publiés, du vote du groupe de son parti à l’Assemblée nationale ou d’un programme antérieur de son parti. La fiche de chaque candidat indique laquelle.
Deux questions ensemble
Les points s’additionnent sur toutes les questions : c’est pourquoi le pourcentage final n’est pas « la part des questions sur lesquelles j’étais d’accord avec le candidat ». Ajoutons une deuxième affirmation à la réponse précédente : « Il faut revenir à un âge légal de départ à la retraite de 62 ans ou moins. » La réforme de 2023 a porté l’âge légal de 62 à 64 ans ; elle est suspendue jusqu’en janvier 2028. Vous répondez 1, pas du tout d’accord, mais ce thème n’a pour vous qu’une importance de 2 (« un peu »). Le facteur de conviction est de 1, le poids de 3 × 2 × 1 = 6 et le maximum de 16 × 6 = 96 points. Avec la première question, le maximum total est de 144 + 96 = 240.
| Candidat | Impôt de 2 % (position → points) | Retour à 62 ans (position → points) | Total | Affinité |
|---|---|---|---|---|
| Raphaël Glucksmann | 4 → 144 | 4 → 6 | 150 / 240 | 62,5 % |
| Fabien Roussel | 4 → 144 | 5 → 0 | 144 / 240 | 60 % |
| Gabriel Attal | 2 → 36 | 1 → 96 | 132 / 240 | 55 % |
| David Lisnard | 2 → 36 | 1 → 96 | 132 / 240 | 55 % |
| Bruno Retailleau | 2 → 36 | 1 → 96 | 132 / 240 | 55 % |
| Éric Zemmour | 2 → 36 | 1 → 96 | 132 / 240 | 55 % |
| Édouard Philippe | 1 → 9 | 1 → 96 | 105 / 240 | 43,8 % |
| Nicolas Dupont-Aignan | 3 → 81 | 4 → 6 | 87 / 240 | 36,3 % |
| Jean-Luc Mélenchon | 5 → 81 | 5 → 0 | 81 / 240 | 33,8 % |
| Marine Tondelier | 5 → 81 | 5 → 0 | 81 / 240 | 33,8 % |
| Marine Le Pen | 2 → 36 | 5 → 0 | 36 / 240 | 15 % |
Fabien Roussel et Bruno Retailleau coïncident chacun exactement avec vous sur une question sur deux, et pourtant Fabien Roussel obtient 5 points de plus : sa coïncidence porte sur la question que vous jugez la plus importante. Raphaël Glucksmann passe devant Fabien Roussel parce que, sur la retraite, il est à trois points de vous et non à quatre : même un écart important vaut un peu mieux que l’écart maximal. Édouard Philippe coïncide avec vous sur la retraite mais se trouve à trois points sur l’impôt, d’où ses 43,8 %. Nous avons vérifié ces chiffres avec le code même qui calcule le résultat du test.
Le test rapide et le test complet
Le test complet compte 46 affirmations, et pour chacune vous pouvez indiquer une importance de 1 (« aucune ») à 5 (« très grande ») ; si vous n’y touchez pas, elle compte pour 3. Le test rapide en compte 20, et l’importance y vaut 3 pour toutes : seuls l’écart et la conviction interviennent. Pour le reste, le calcul est identique.
Les 11 candidats du test entrent tous dans le calcul. Chacun a une position sur chaque affirmation ; sur les 693 positions de la base, 562 renvoient au document dont elles proviennent et les 131 autres sont signalées comme estimées sur la fiche du candidat. Dans le calcul, elles ont toutes le même poids. Votre âge, votre sexe et le candidat pour lequel vous voteriez, si vous choisissez de les indiquer, n’ont aucun effet sur le résultat.
Thème par thème, et la boussole
Votre résultat montre aussi votre affinité avec les candidats sur chaque thème. Elle se calcule avec la même formule, en ne retenant que les affirmations de ce thème : si vous avez répondu, par exemple, aux deux affirmations sur la santé, le pourcentage de ce thème repose sur elles seules et sur l’importance que vous leur avez donnée.
La boussole politique se calcule autrement. Elle ne compare pas vos réponses aux positions des candidats : elle convertit chaque réponse en un nombre de −100 à +100, selon le sens dans lequel l’affirmation fait pencher, et en fait la moyenne sur chaque axe. Ni l’importance ni le facteur de conviction n’y interviennent, et les affirmations sur l’Europe, l’international et la défense, et les institutions ne comptent pas : 35 des 46 affirmations la déplacent (15 sur l’axe économique, 20 sur l’axe social). C’est pourquoi le candidat avec lequel vous avez la plus forte affinité n’est pas forcément celui qui est le plus proche de vous sur la boussole : votre affinité tient compte des 46 affirmations, la boussole de 35 seulement.
Trois conséquences pratiques
Répondre « neutre » n’est pas neutre. Cela divise par deux le poids de la question : vous renoncez à la moitié de sa capacité à distinguer les candidats. Si vous avez un avis, dites-le.
Passer une question est tout à fait possible. Les questions auxquelles vous ne répondez pas (« Je ne sais pas / Passer ») sont exclues du numérateur comme du dénominateur : elles ne comptent pas comme un désaccord. Il en irait de même si un candidat n’avait pas de position sur une question.
Les égalités ont un sens. Si deux candidats ont la même position sur la plupart des affirmations où vous avez pris parti, leurs pourcentages seront très proches. Ce n’est pas un défaut du calcul : sur ces sujets, ils se ressemblent. C’est pourquoi le test dispose de 17 questions de départage, qui ne font pas partie du test principal. Si le deuxième ou le troisième candidat de votre résultat se trouve à 3 points ou moins du premier, le test vous en propose jusqu’à 8 : celles qui séparent le plus les candidats à égalité. Ne sont retenues que des questions sur lesquelles tous les candidats à égalité ont une position sourcée (jamais estimée), et seulement si au moins l’une d’elles les sépare de 2 points ou plus. Vos réponses s’ajoutent au calcul habituel pour tous les candidats, avec une importance de 3. Vous ne pouvez faire le départage qu’une fois, et il ne modifie pas votre boussole. Les détails figurent dans la méthodologie.
Ce que ce chiffre ne mesure pas
Il ne mesure pas si un candidat tient ses promesses : les positions viennent des programmes, des votes et des déclarations, pas d’une évaluation de son action. Il ne mesure pas non plus la confiance que vous inspire la personne, ni sa capacité à appliquer son programme : ce qu’un président peut faire dépend aussi de la majorité dont il dispose à l’Assemblée nationale. Et la liste des candidats évoluera : la liste officielle sera arrêtée par le Conseil constitutionnel après la vérification des 500 parrainages, et après le premier tour le test ne gardera que les deux candidats qualifiés pour le second. Le déroulement de l’élection est expliqué dans l’analyse Comment fonctionne l’élection présidentielle.
Si vous trouvez une position qui vous semble mal attribuée, la méthodologie explique comment nous le signaler. Nous la vérifions à partir de la source et la corrigeons si nécessaire.
Sources
- Méthodologie complète du test — Formules, coefficients, boussole, questions de départage et limites connues
- Positions des candidats — Chaque position avec sa source, sur la fiche de chaque candidat
- Datan, scrutin n° 3300 à l’Assemblée nationale, 31 octobre 2025 — Source des positions de Bruno Retailleau (vote du groupe Droite républicaine) et de Marine Le Pen (son vote) sur l’impôt minimum de 2 %
- Datan, scrutin n° 881 à l’Assemblée nationale, 20 février 2025 — Source des positions de Fabien Roussel (vote du groupe GDR) et de Gabriel Attal (son vote) sur l’impôt minimum de 2 %
- Message de David Lisnard cité par Le Journal de l’économie, 17 octobre 2025 — Source de la position de David Lisnard sur l’impôt minimum de 2 %
- Édouard Philippe, tribune « Ma proposition aux entrepreneurs », site d’Horizons, 5 novembre 2025 — Source de la position d’Édouard Philippe sur l’impôt minimum de 2 %
- Éric Zemmour, programme présidentiel 2022 « Pour que la France reste la France », p. 27 — Source de la position d’Éric Zemmour sur l’impôt minimum de 2 %
- Jean-Luc Mélenchon, « Comment nous allons remettre de l’ordre dans les comptes publics », octobre 2026, p. 13 — Source de la position de Jean-Luc Mélenchon sur l’impôt minimum de 2 %
- Les Écologistes, programme « Pour une prospérité écologique », juillet 2026, chap. 17, mesure 1, p. 66 — Source de la position de Marine Tondelier sur l’impôt minimum de 2 %
- Debout la France, projet « Économie », mis à jour le 10 octobre 2026 — Source de la position de Nicolas Dupont-Aignan sur l’impôt minimum de 2 %
- Programme « Réveiller l’Europe » (européennes 2024), mesure 315, p. 40 — Source de la position de Raphaël Glucksmann sur l’impôt minimum de 2 %
- LCP, « Présidentielle : que proposent les candidats à l’Élysée sur les retraites ? », 16 septembre 2026 — Source des positions de Bruno Retailleau et de Marine Le Pen sur le retour à 62 ans
- Nouvelle Énergie, programme, axe 2 « Réussir une nouvelle ambition française » — Source de la position de David Lisnard sur le retour à 62 ans
- Édouard Philippe, priorités « Pour une France plus prospère », edouardphilippe.fr (consulté le 19 octobre 2026) — Source de la position d’Édouard Philippe sur le retour à 62 ans
- BFMTV, « Face à BFM », 17 septembre 2026 — Source de la position d’Éric Zemmour sur le retour à 62 ans
- PCF, « Un communisme de conquêtes », base commune du 40e congrès, juillet 2026, § 2.3.3, p. 15 — Source de la position de Fabien Roussel sur le retour à 62 ans
- Débat de la Rencontre des entrepreneurs de France (Medef), 27 août 2026, compte rendu de campagne — Source de la position de Gabriel Attal sur le retour à 62 ans
- Jean-Luc Mélenchon, « Comment nous allons remettre de l’ordre dans les comptes publics », octobre 2026, p. 11 — Source de la position de Jean-Luc Mélenchon sur le retour à 62 ans
- Les Écologistes, programme « Pour une prospérité écologique », juillet 2026, chap. 31, mesure 1, p. 116 — Source de la position de Marine Tondelier sur le retour à 62 ans
- Amendement n° 17412 de M. Dupont-Aignan au PLFRSS 2023, Assemblée nationale, 2 février 2023 — Source de la position de Nicolas Dupont-Aignan sur le retour à 62 ans
- Place publique, « Notre vision pour la France » (Acte I), mars 2026, p. 43 — Source de la position de Raphaël Glucksmann sur le retour à 62 ans
Cette analyse est purement informative et ne constitue pas une consigne de vote. Notre méthode.
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